mercredi 26 février 2020

Enfin la femme vint

"Enfin la femme vint.

Fête, illumination, gigantesque déferlement de tous les jouets du Luna-Park intérieur ; trafic ferroviaire sans garde fou qui sillonne notre corps ; signaux multicolores.
[...] Qui a déclenché cette sonnerie, cette course infernale, ce diablotin désarticulé qui engendrerait la folie s'il ne trouvait aussi frénétique partenaire dans la danse attaquée sur la piste glissante de notre système nerveux. Les autres ne nous reconnaissent plus, entrevoient seulement une forme qui les traverse à vertigineuse allure."

Georges Perros, Notes d'enfance, Calligrammes, 1979, p. 24-25.

"Des vacances, qui tiennent une si grande part dans la vie de la plupart des enfants, je ne me rappelle rien, si ce n'est l'éblouissement provoqué par la mer, vertige qui ne m'a pas lâché, et particulièrement suscité par l'approche imminente de l'océan, ces étroites rues qui montent, et là-haut, pour soi tout seul, l'espace marin."

Id. p. 40.

"Notre physiologie, notre attitude squelettique déterminant bien des jugements, obligatoirement sommaires, mais souvent définitifs, et l'importance que les autres accordent à notre mine, à notre allure, est proprement vertigineuse."

Id. p. 55.

A propos de Georges Perros, Œuvres, éditions établie par Thierry Gillyboeuf, Gallimard, « Quarto », novembre 2017, in Marc Alpozzo

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