mardi 8 octobre 2019

Sons qui sont aux mots ce que le sable est au verre

"De ce réseau on ne peut plus élémentaire, l'enfant là en est le voisin. Il peut arriver qu'IL s'y mette à jouer le semblable, et qu'une branche alors tenue par ses mains y soit jetée sur le tas des autres. On LE dirait de corvée à je ne sais quel enterrement et IL y va de son geste et quasiment d'une prière pour peu qu'IL en marmonne de ces  sons qui sont aux mots ce que le sable est au verre.
Pas de mot à vrai dire dans ce marmonnage, et sans doute pas la moindre idée de nous aider dans cette offrande à nos usages. Il n'y est pas et il serait vain de nous en émouvoir. Il n'y est pas, de cet Y qui aujourd'hui s'inscrit en algue de projets à nous autres coutumiers. Mais les fleurs sans raison de ces balancers qui peuvent croître jusqu'au frénétique, il ne faudrait pas croire qu'elles se mettent à pousser n'importe où et n'importe quand, manière d'être manifestée puisque nous la percevons, et ce qui y manque, en ce lieu ressenti vacant par cet autre-là et pourtant nous Y sommes et IL s'y adonne à ce vertige que nous autres, il nous faut aller le chercher sur une moto, ou dans les fêtes à grands manèges, ou sur les pentes de neige, il ne tient qu'à nous de l'Y créer."

Fernand Deligny, Nous et l'innocent, in Œuvres, L'Arachnéen, p. 794.



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