jeudi 1 août 2019

Le tout pour le tout

"1928. Des jeunes gens qui ont le goût de l'absolu, mais qui savent jouer de la dérision comme du plus salutaire des vertiges, créent une revue dont le titre évoque les voyantes, les séducteurs et les espions d'Orient : Le Grand Jeu. René Daumal, Roger Gilbert-Lecomte, Roger Vailland, André Rolland de Renéville, Maurice henry, Joseph Sima, Artür Harfaux, André Delons, Monny de Boully, Pierre Minet, Hendrik Cramer, Ribemont-Dessaignes n'entendent pas forcer seulement les frontières terrestres, il sont en tête des défis plus risqués -ceux dont on ne revient pas, ou alors souverainement calciné : "Le Grand Jeu est irrémédiable ; il ne se joue qu'une fois, annonce Roger Gilbert-Lecomte dans l'avant-propos du premier numéro du Grand Jeu. Nous voulons le jouer à tous les instants de notre vie. C'est encore "à qui perd gagne". Car il s'agit de se perdre. Nous voulons gagner.

Zéno Bianu, Le tout pour le tout, Les Poètes du Grand Jeu, Poésie/Gallimard, 2003, p. 9.


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