lundi 30 septembre 2019

Le Laveur de vitres

"Le corps aspiré dans le labyrinthe d'une ville inconnue sautillerait volontiers le long des trottoirs ou des ponts et s'approprierait sans scrupule les grandes places comme autant de plateaux de théâtre. Lorsqu'il se fait tard, que les rues se vident et se donnent enfin tout entières, rien ne l'empêche de laisser libre cours à ses élans, à l'instar de ceux qui depuis les quartiers défavorisés jusqu'aux vertiges lumineux de Time Square font de la rue un spectacle et de la foule un public, aux sons du hip-hop ou d'autres styles. Sous de nouveaux noms et codes, des danses naissent continûment, qu'aucune barrière ne saurait endiguer. Le "dedans" et le "dehors" se rencontrent ; les danses sociales entrent sur scène tandis que l'art chorégraphique en sort."

Julia Beauquel, Danser, une philosophie, Carnets Nord, 2018, p. 197-198.

A propos d'une représentation, au Palais des Papes à Avignon, du Laveur de vitres de Pina Bausch

"Je pourrais fort bien m'évertuer à chercher encore sur YouTube et ailleurs sur le Net cet extrait du spectacle, mais le résultat, je le sais déjà, serait décevant : il ne s'y trouve pas. Et s'il y avait été mis depuis mes premiers espoirs de le trouver, il ne serait pas certain que la qualité du film, du son, ou du cadrage - trop éloigné ou trop rapproché - soit à la hauteur de ce que j'ai en mémoire et de ce que je rêve de revoir. Un film même excellent ne restituerait pas l'atmosphère magique, estivale et presque vertigineuse de la cour d'honneur, en plein air, sous le ciel étoilé."

Id. p. 209-210



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