lundi 6 avril 2020

Pour une écologie du sensible

"Jusqu'à très récemment, nous croyions que notre odorat relevait de la seule muqueuse olfactive située à la partie supérieure des fosses nasales, représentée par 6 millions de cellules olfactives, contre 220 millions chez le chien. Notre odorat paraissait donc particulièrement dépourvu. Des recherches très récentes révèlent cependant que nous disposons également de récepteurs olfactifs extranasaux, présents dans des organes où nous ne les aurions jamais soupçonnés : poumons, intestins, foie, reins, et même, coeur et testicules... La liste de ces dispositif dits ectopiques, c'est-à-dire localisés à des endroits où ils n'étaient pas attendus, ne cesse de s'allonger. Ces récepteurs jouent un rôle dans la régulation des processus de reconnaissance, de migration et d'orientation des cellules. Leur activité est modifiée dans les tissus atteints de pathologies, notamment cancéreux. Notre capacité olfactive, ouverte sur le dehors mais aussi sur le dedans, reste en réalité vertigineuse. En outre, les recherches conduites sur les microbiotes révèlent que ceux-ci participent très activement à la production de signes odorants."

Jacques Tassin, Pour une écologie du sensible, Odile Jacob, 2020, p. 85.



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